© Denis Pérez 2016

Extrait du livre Matière sensible sorti en novembre 2015 (21x29,7cm - 126 pages)

... Sa création tisse un lien étroit avec le vivant. Il réalise des formes organiques dans la terre "le bois" la pierre" puis le bronze. Il développe par cette approche, une recherche sur l’esthétique de la forme et puise son langage dans le jeu des surface les lignes de tension. Puis, il sculpte le visage, les expressions, la fragilité de l’être, l'humain va devenir son thème de travail. C’est durant ces années qu’il commence à travailler sur la peau de l’arbre. Le monde végétal reste présent dans cette création : entre apparition et disparition, les silhouettes, de grandes herbes folles, une ombre de l’humain. Il évoque ce qui reste. L’enveloppe emplie de mystère, qu’elle soit abstraite comme sa série sur les cocons ou évocatrice comme les empreintes, les drapés, les silhouettes. La matière, il l’explore, la découvre, la reconnait et l’emmène vers de nouvelles voies, comme une alchimie des formes, du mouvement, de la vie...

Arlette Maréchal

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Empreintes - Enveloppes

Cette exploration du rapport Homme nature dont l’artiste nous propose une lecture, met en scène les traces, craquelures, signes dans lesquels, telle une peau prennent vie les sculptures.

Cette peau devient la matrice par laquelle se forment les sculptures. Elles surgissent d’une gestuelle imprégnée du questionnement de l’être face au monde. Les Empreintes agissent comme un révélateur de ces formes enfouies en nos inconscients. « Le négatif dévoile les signes inscrits dans la matière» : apparaissant en miroir , miroir fugitif ; comme des images enfouies dans les strates de notre histoire. Par fragments, elles nous mettent en relation avec une nature pleine de secrets, riches de nos mythologies. Ces peaux sont comme des caisses de résonance intimes, habitées par des signes qui invitent à la méditation. Crânes, enveloppes vides à remplir de nos pensées. Elles fixent dans notre ressenti l’emprise du temps « Forme piégée (fossilisée) dans et par la nature ». Même si l’Homme s’impose, dispose, transforme, il n’échappe pas aux métamorphoses qui nous font percevoir le monde dans une relative temporalité. Nous sommes tous des passagers dans la nature, des nomades.

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SILHOUETTES …

Je ne sais si ces silhouettes évoquent le souvenir de ces instants atomiques, de la brulure, de la cendre, de la trace. De ce qui fut et devint ombre. Mais je pressens qu’elles sont celui de quelque cataclysme qui nous pulvérisa. Figures dans un paysage poussiéreux où de nouveau surgit le visage.

Silhouettes fragiles et reflet de notre propre humanité, enfouie dans les plis, la rugosité du bronze, exposée dans une verticalité à jamais signe de notre dignité.

Elles disent toutes le surgissement d’un récit intemporel, aussi intime cependant qu’absent. Par bribes, elles dévoilent une émotion qui nous les rend familières, compagnes, protectrices, méditant en quelque sorte avec tendresse sur ce que nous sommes.

Extrait d’un texte de Modesta Suárez

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DENIS PÉREZ